Prologue

Prologue
Dessin : Izumi Miyako

Chanson : Cherish par Otsuka Ai
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Miyako... Midori... Pardonnez-moi...

L'eau... Elle montait... montait toujours... Impossible de lui échapper...

Miyako... pourquoi fallait-il que ce soit toi ? Pourquoi le malheur s'est-il abattu sur nous ?

Il frappait sur la grille au-dessus de leur tête avec la force du désespoir.
- Tu vas céder, oui ???

Tout ce qui nous menaçait te faisait du mal, pas vrai ? Alors pourquoi fallait-il que ça aille aussi loin ? Alors que tu avais tant souffert pour les nôtres ?

- Onee-san ! Je vais nous sortir de là !!
- Haruki, s'il te plait...

Les jointures en sang et la rage au coeur, il poursuivit sa tâche apparemment impossible.

- Quoi qu'il arrive, on s'en sortira !! Je te le promet !!!

Miyako serrait sa petite soeur contre elle, tenant la grille d'une main pour ne pas couler au font du puis. Haruki lui jeta un coup d'oeil désespéré. L'eau montait toujours plus haut sur leur poitrine, d'ici quelques minutes ils se retrouveraient submergés.

Voir le visage apeuré et larmoyant des deux soeurs donna plus de force à Haruki qui s'était promis de les sortir de cet enfer. Malheureusement, la grille ne semblait pas vouloir céder sous ses poings...

Alors que ma vie était paisible... que tu souriais pour me donner confiance... qu'elle riait sous les rayons de soleil...

- À L'AIDE !! QUELQU'UN !!!!
- Haruki... L'eau...

Le jeune homme regarda l'eau, de plus en plus brillante. Il écarquilla les yeux.

- Non !!! s'écria-t-il.
- Onee-chan... gémit Midori en se raccrochant plus fort à sa soeur.

Miyako perdait lentement ses force alors que ses pouvoirs se dissolvait dans l'eau.

- Onee-san ! Tiens le coup !!

Sentant la grille moins solide, Haruki l'agrippa à deux mains, pris appuie sur une paroi du puis et tira de toute ses forces. Il sentit ses muscles se tendre, son coeur battre à tout rompre et entendit les pleurs de Midori.

La grille ne céda toujours pas.

Si seulement j'avais pu... Si seulement...

L'eau atteignait maintenant leur cou. Elle scintillait de manière inquiétante alors qu'elle se saturait de magie, illuminant les visage des trois jeune gens. Miyako, la jeune prêtresse de Ren, âgée de seize ans. Ses longs cheveux bleu sombre flottaient autour d'elle. Ses mains blanches et graciles étaient crispée l'une autour de Midori, l'autre à la grille les emprisonnant au fond du puit. En face, Haruki, son frère de quinze ans, aux mèches plus claires lui tombant sur le visage, frappant avec ce qui lui restait de force contre la grille, ses coups étant ralentis par l'eau. Et enfin Midori, la fillette de cinq ans, serrée dans les bras de son aînée et dont les grands yeux verts luisaient de frayeur.

- Onii-chan... fit-elle d'une petite voix suppliante alors que Miyako la maintenait tant bien que mal la tête hors de l'eau.

C'est ma faute, non... ?

L'eau atteignit bientôt la hauteur de la grille, rendant presque impossible pour eux de respirer. Haruki tourna les yeux vers ses soeurs, alors que la rage enflait toujours en lui.

Pourquoi nous ont-ils fait ça ???

Il voulu prendre une ultime respiration, mais ne fit que remplir ses poumons d'eau. Il étouffa, songeant que ses soeurs étaient dans le même cas... Tout ça parce qu'il avait été trop faible pour briser la grille... Sa vision se brouilla... La lueur au dessus d'eux semblait toujours plus loin... Même celle de l'eau s'éteignait... Puis...

Plus rien.

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Et voilà, c'était le prologue. Les chapitres seront un peu plus longs et éclaireront peu à peu sur le pourquoi du comment de cette histoire. Commentaires ?

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# Posté le jeudi 10 septembre 2009 20:23

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 13:19

Chapitre 1 - Comme une fleur sur un étang gelé

Chapitre 1 - Comme une fleur sur un étang gelé
Dessin : Izumi Haruki

Chanson : Gloria par Kalafina
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Une main... la douceur d'une main... Pourquoi rafraichit-elle le corps brûlant d'un être aussi indigne que moi... ?

Haruki entr'ouvrit les yeux. Il était vivant... Vivant ? Cela était-il seulement possible ? Tout ce qui s'était passé... n'était-ce donc qu'un rêve ?

Il ne reconnut pas la pièce où il se trouvait, simple mais luxueuse. Tout lui semblait étranger autour de lui, du tatami blanc recouvrant le sol aux motifs semblables à des fumeroles sur le papier des murs. Un vase débordant de fleurs de jasmin fraîchement cueillies embaumait la chambre d'un parfum délicat.

On déposa un linge humide sur son front, essuyant la sueur au passage, espérant faire tomber la fièvre. Haruki ouvrit grand les yeux à ce contact. Il croisa alors le regard doux mais vide d'un... ange ?

"Suis-je donc mort... ?"

L'être qui le soignait ne pouvait être qu'un ange avec ses cheveux blancs encadrant un visage androgyne, sa peau blanche et parfaite d'apparence, ses grands yeux noirs sans reflet... Oui, un ange, ou alors un fantôme...

Haruki n'aurait su dire s'il s'agissait d'une fille ou d'un garçon, mais alors qu'il fixait cet être étonnant, qui n'avait toujours pas réagit à son réveil, il repensa à ce qui c'était passé. L'enlèvement de ses soeurs et lui à la cité de Ren... leur emprisonnement au fond du puit... l'eau qui s'était mise à monter... la magie de Miyako qui s'était dissoute dans son impureté... et...

- Où sont mes soeurs ?? s'exclama-t-il soudainement.

"L'ange" ne s'étonna pas de son soudain éclat de voix, mais le fixa un moment.

- Vous ne devez pas vous énerver ou votre fièvre ne tombera pas, le prévint-il d'un ton neutre.

Au son de sa voix, douce et clair, tout comme le reste de sa personne, Haruki comprit qu'il s'agissait d'un garçon. L'entendre parler sembla le calmer l'espace d'une seconde. Il lui rendit son regard, se sentant un peu perdu.

- Mes soeurs, répéta-t-il plus lentement, où sont-elles ?
- Je l'ignore, répondit l'autre. Je n'ai vu que vous.
- Mais qui pourra me répondre ?? s'énerva-t-il de nouveau. Qui m'a amené ici ? Et où est-ce ??
- Yamato-sama pourra vous répondre, c'est aussi lui qui vous as fait venir, à ma connaissance. Vous êtes dans sa demeure, celle de la famille Kogane qui dirige la cité de Yuri.
- Yuri... ? C'est la cité voisine de Ren...
- En effet.
- Où puis-je le trouver ?
- ... Vous devriez vous allonger.
- Répond !
- Yamato-sama m'a demandé à veiller sur votre santé, je ne peux par conséquent rien faire qui puisse lui nuire.
- Peu importe ce qu'il a dit, je dois savoir !

Haruki le fixa dans les yeux, le coeur battant. Mais il ne devait pas s'inquiéter, non ? S'il était là, il en allait de même pour Miyako et Midori... C'était obligé...

- Je suis navré...
- Navré ?? On dirait pas pourtant !
- ...
- Je t'en prie, je dois savoir !
- Reposez-vous, je vais aller demander à Yamato-sama pour vos soeurs, cela vous convient-il ?
- Mmh... Merci...
- Bien.

L'autre se leva et se dirigea vers la sortie, ses pas étrangement accompagnés d'un léger tintement. Haruki se laissa retomber sur le futon, posant une main sur son front brûlant et douloureux. La tête lui tournait, mais il ajouta tout de même une dernière chose :

- Au fait, pas de keigo(1) avec moi... S'il te plait.
- ... Comme tu veux.

Haruki referma les yeux. Son pouls était trop rapide, il avait le coeur au bord des lèvres. Son corps était couvert de sueur et tremblant. Mais il se moquait bien de sa propre santé, tout ce qui comptait c'était de savoir ses soeurs en sécurité.

- Onee-san... Midori-chan... murmura-t-il, à mi-chemin du sommeil.

Après seulement quelques minutes, le tintement se refit entendre, annonçant le retour de l'autre. Haruki tourna la tête vers lui alors qu'il faisait glisser la porte pour entrer. Il referma sans un mot, puis alla s'agenouiller auprès du malade.

Celui-ci remarqua alors son kimono de soie blanche, son obi bleu argenté rehaussé d'une boucle noire dans son dos. Et au bout de ses longue manches, des clochettes dorées, expliquant le son qu'il produisait en marchant.

- Alors... ? le pressa Haruki, sortant de sa fixation.

L'autre joignit son regard au sien un moment avant de dire d'un ton placide :

- Tu es le seul rescapé.

Un silence de mort suivit ces paroles.

Il sembla à Haruki que quelque chose se brisait en lui. Qu'il tombait, et tombait encore. Sombrait dans le néant... Ça ne pouvait être vrai... Miyako et Midori ne pouvaient pas être... N'est-ce pas ? Ce n'était qu'un cauchemar... Une très mauvaise blague... Sa vision s'embrouilla... Il se retrouva seul dans son inconscient. Dans la noirceur la plus complète, des fragments de verre pleuvant autour de lui dans un silence oppressant. Mêlé à cela quelques plumes blanches, arrachées aux ailes d'un ange sans doute...

La fièvre pris bientôt le dessus et Haruki perdit connaissance, les joues roses, la respiration difficile, les yeux ruisselants de larmes douloureuses...

Le garçon en blanc, sans la moindre émotion, s'affaira à éponger sa sueur, mêlant ses doigts au travers des fines mèches bleu lavande. Il veilla sur Haruki tout le reste du jour, surveillant sa respiration, sans se lasser.


Pendant près de deux journées, il demeura à son chevet. Haruki ne reprit connaissance que par brèves périodes, l'air perdu à chaque fois, pleurant jusqu'à ne plus pouvoir le supporter, puis sombrant de nouveau dans le sommeil, sans pour autant s'apaiser. L'autre se contentait de nettoyer les larmes sécher sur son visage.

Une nuit, il revint à lui, étonnement calme. La fièvre était tombée. Son gardien n'avait pas quitter son chevet. Il lui semblait qu'il n'avait pas bouger de sa position depuis le début.

- Tu ne dors pas... ? murmura Haruki.
- Non.
- Tu devrais...
- Je peux m'en passer.
- Raconte pas de sottises... je vois bien que tu n'as pas quitté mon chevet depuis deux jours au moins...
- C'est la vérité, pourtant.

Haruki ne répondit pas mais l'agrippa par la manche.

- Izumi-sama ?
- Tu connais mon nom ? s'étonna celui-ci. Enfin, peu importe, appelle-moi Haruki.
- Haruki... -sama.
- ... Et toi ?
- ... Akihiko.

Haruki esquissa un sourie, puis tira sur sa manche, le faisant basculer sur le futon, auprès de lui.

- Dors, lui commanda-t-il.
- ... Bien.

Akihiko s'allongea correctement et ferma les yeux. Haruki se tourna sur le côté pour l'observer. Comment les anges dormaient-ils... ? Sans même qu'il s'en aperçoive, sa main se faufila jusqu'à la sienne et ses doigts se nouèrent aux siens. Et il s'endormit. Paisible pour la première fois depuis qu'on l'avait rescapé du puit.

(1)Keigo : langage honorifique, ici traduit principalement par le vouvoiement.

Le maître des lieux fait son apparition dans le prochain chapitre !

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# Posté le vendredi 11 septembre 2009 09:13

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 13:19